6 juin 2026

Ce qui suit est un compte rendu de mes observations pendant la période de prestation de services du PCBMI de la fin février à la mi-mai 2026. Pour de nombreux organismes d’accueil et bénévoles du PCBMI, mais pas tous, c’est la saison complète car ils n’offrent pas leurs services en dehors de cette période. Cependant, je l’appelle la période de pointe, car de nombreux bénévoles comme moi offrent le même service à d’autres moments de l’année, aidant les clients qui n’ont pas produit de déclaration pendant la période de pointe.
Comme l’année dernière, j’ai regroupé mes observations par organisation principale pour faciliter la référence.
Je serais intéressé par les réactions des lecteurs à ces observations et à en apprendre davantage sur les expériences des bénévoles et des organismes d’accueil. Quelles ont été vos observations sur des enjeux importants que vous pensez que j’ai manqués ?
Agence du revenu du Canada
1Les webinaires en ligne ont été un véritable désastre, du moins dans ma province
Au début de la période de pointe, le ministre des Finances et du Revenu national a annoncé que l’ARC était prête pour la saison des impôts, peut-être dans le but de rassurer les contribuables, après la récente publicité négative concernant la rapidité et la qualité des informations fournies, en leur indiquant que l’ARC était désormais mieux organisée. Cependant, ce n’était pas le cas du PCBMI. Les webinaires de l’ARC constituent un élément clé de la formation, en particulier pour les nouveaux bénévoles. Mais l’ARC a rencontré des difficultés techniques avec Microsoft Teams dès le début de la période de formation et a ensuite annulé tous ses webinaires de 2026. À titre d’alternative, elle a orienté les bénévoles vers ses webinaires de 2025 (pour les déclarations de 2024).
2La pénurie de bénévoles persiste
Comme l’année dernière, mon coordonnateur local du programme PCBMI de l’ARC a envoyé un message aux bénévoles actuels pour leur demander s’ils seraient disposés à prêter main-forte aux organismes d’accueil en manque de bénévoles. L’année dernière, le programme PCBMI de l’ARC avait collaboré avec les autorités municipales de ma région pour organiser un « supercomptoir » un jour donné, en appelant les bénévoles des organismes d’accueil locaux à donner de leur temps s’ils le souhaitaient. Je ne pense pas que cette initiative ait été renouvelée cette année, car je n’en ai rien entendu parler. (Consultez cet article pour avoir une vue d’ensemble du recrutement et de la rétention des bénévoles.)
3Les informations relatives au programme de subventions triennal destiné aux organismes d’accueil ont été diffusés trop tardivement
Le 3 février 2026, le gouvernement a annoncé qu’il allouerait des fonds pour les trois prochaines années au PCBMI. (Rappelons que le projet pilote de subvention a pris fin en 2025.) Cette annonce est intervenue trop tard dans la période de planification pour inciter de nouvelles organisations à accueillir des comptoirs du PCBMI. De plus, la formule de financement reste moins généreuse qu’au cours des troisième et quatrième années du projet pilote de subventions. On ne sait donc pas très bien ce que le gouvernement espère accomplir avec cette initiative. J’en dirai davantage à ce sujet dans un prochain article.
4L’authentification multifacteur fonctionne désormais correctement
Si vous avez utilisé l’authentification en deux étapes pour la fonction Préremplir ma déclaration ces dernières années, vous savez sans doute que l’option permettant à l’ARC de reconnaître votre appareil pendant les 8 heures suivantes était plutôt aléatoire. Mais avec l’introduction des applications d’authentification, ce problème semble avoir été résolu. Néanmoins, il semble qu’il faille reconfirmer cette option pour chaque année d’imposition dans le logiciel ImpôtExpert utilisé.
5Améliorations apportées à l’inscription des nouveaux arrivant pour qu’ils puissent bénéficier de leurs prestations
Comme je l’ai déjà écrit, pour que les nouveaux arrivants puissent bénéficier de leurs prestations, il ne suffit pas toujours de produire tout simplement leur première déclaration. Grâce à la mise en place d’un nouveau système en ligne pour soumettre le formulaire RC151, cette procédure est devenue nettement plus simple et plus rapide. Étonnamment, l’ARC n’a pas fait connaître ce système. (Je suis tombé dessus par hasard.) Cela aurait dû faire partie de la liste des « Nouveautés » préparée cette année pour les bénévoles du PCBMI. Néanmoins, je ne comprends toujours pas pourquoi les renseignements supplémentaires demandés par l’ARC dans le formulaire RC151 ne sont pas simplement intégrés à la déclaration, puisque la plupart d’entre eux y figurent déjà de toute façon.
6Certains nouveaux arrivants qui produisent une déclaration pour la première fois ne le font pas pour la première fois
Lorsque des résidents permanents accompagnés enfants immigrent au Canada, ils remplissent des formulaires afin que leurs Allocations canadiennes pour enfants puissent être versées très peu de temps après leur arrivée. En produisant la première déclaration pour l’une de ces familles, j’ai découvert que le système de l’ARC se comporte comme si la famille avait déjà produit une déclaration : si j’indique dans le logiciel qu’il s’agit de leur première déclaration, celle-ci est rejetée lorsque j’essaie de la transmettre par l’internet. J’ai commencé à demander aux résidents permanents arrivés en 2025 s’ils percevaient déjà des prestations. En général, c’était le cas s’ils avaient des enfants. J’ai arrêté d’indiquer dans ImpôtExpert qu’il s’agissait de leur première déclaration, même si c’était le cas.
7On peut (parfois ?) produire une déclaration par voie électronique avec une date de naissance erronée
Dans deux cas, j’ai découvert que l’ARC avait émis l’Avis de cotisation malgré l’erreur. Dans leurs avis de cotisations, on demandait aux clients de contacter l’ARC pour fournir des documents supplémentaires afin de confirmer leur date de naissance. Cela m’a semblé excessivement bureaucratique pour une erreur qui n’aurait jamais dû être acceptée au départ. Les appels aux lignes d’aide du PCBMI et de la TED se sont avérés inutiles – on m’a redirigé vers la ligne d’assistance principale de l’ARC. Lorsque j’ai enfin réussi à joindre un agent de l’ARC capable de m’expliquer ce qui se passait, on m’a dit que la demande de documents supplémentaires (par exemple, une copie certifiée conforme de l’acte de naissance) survient notamment lorsque les dates de naissance enregistrées auprès de l’ARC et de Service Canada ne coïncident pas.
8Les résultats du sondage de fin de période 2025 du PCBMI ont été publiés plus rapidement, mais restent peu utiles
Contrairement aux résultats de 2024, qui n’ont été publiés qu’en juin 2025, ceux de 2025 ont été publiés début mars 2026. Je trouve ces sondages « de fin d’année » (ils sont réalisés après la période de pointe mais bien avant la fin de l’année civile) et les résultats présentés décevants : ils fournissent très peu d’informations autres que quelques caractéristiques des répondants au sondage et leur niveau de satisfaction concernant divers éléments. Les niveaux de satisfaction indiqués sont trompeurs car les taux d’utilisation des différents éléments ne sont pas fournis. Le choix des éléments est également très sélectif. Aucun effort n’est fait pour recueillir et partager des informations sur des questions importantes pour la planification future. Par exemple, les coordonnateurs des comptoirs ont-ils des difficultés à recruter des bénévoles ? Leurs comptoirs sont-ils en mesure de répondre à la demande des clients pour le service PCBMI ? Quel pourcentage des organismes d’accueil et des bénévoles prévoit de fournir des services PCBMI en dehors de la période de pointe ? C’est une occasion manquée de recueillir et de partager des informations précieuses la planification de la prochaine saison.
9Les bénévoles du PCBMI continuent d’être tenus à l’écart des informations concernant les développements relatifs à Déclarer simplement et à la production automatisée des déclarations
Beaucoup de mes clients viennent me voir avec leur lettre de l’ARC les invitant à utiliser le service Déclarer simplement par téléphone pour produire leur déclaration. Aucun de ces clients ne me demande de l’aider à utiliser cette méthode. Au contraire, tous veulent que je prépare leur déclaration. Même si le public cible pour Déclarer simplement est le même que celui du PCBMI, l’ARC n’a jamais communiqué quoi que ce soit au sujet Déclarer simplement aux bénévoles du PCBMI. Les choses sont sur le point de se compliquer encore davantage. À l’automne 2026, l’ARC lancera un projet pilote de production automatisée des déclarations, puis en mars 2027, environ 1 million de personnes admissibles seront invitées à utiliser ce nouveau système. Tout comme avec Déclarer simplement, il y a de fortes chances que de nombreux destinataires de l’invitation soient des clients PCBMI du PCBMI qui se tourneront vers leur bénévole du PCBMI pour obtenir de l’aide. Mais l’ARC informera-t-elle ses bénévoles de ce à quoi ils doivent s’attendre avec ce nouveau système avant la prochaine période de pointe pour la production des déclarations ?
ImpôtExpert
1Les informations relatives au dépôt direct figurent toujours dans le logiciel
L’ARC a désactivé cette fonction permettant d’inscrire les clients au dépôt direct l’année dernière en raison d’abus (vraisemblablement des fraudes) liés à son utilisation. Cependant, le logiciel laisse entendre, à ceux qui ne sont pas au courant, que cela est toujours possible. Cette fonction devrait être supprimée complètement afin d’éviter tout malentendu.
2L’option ReTRANSMETTRE offre des fonctionnalités limitées
J’ai identifié deux cas dans lesquels il n’est pas possible d’utiliser la fonction ReTRANSMETTRE pour corriger des erreurs dans les déclarations déjà produites. Le premier concerne les erreurs relatives aux prestations. La version électronique de ReTRANSMETTRE ne permet de corriger que les erreurs relatives au revenu, aux déductions ainsi qu’aux crédits remboursables et non remboursables. Il faut donc recourir à une autre méthode pour apporter des corrections aux prestations. Le second concerne les erreurs dans la déclaration des revenus. Si le client déclare initialement aucun revenu lors de la production de sa déclaration, puis souhaite par la suite déclarer des revenus, la version électronique de ReTRANSMETTRE ne peut pas être utilisée : le formulaire T1ADJ doit être soumis sur papier. La version électronique ne peut être utilisée que si le client a initialement déclaré des revenus.
Service Canada
1La Prestation canadienne pour les personnes handicapées reste encore peu connue
Beaucoup de mes clients bénéficient d’une aide provinciale aux personnes handicapées. Mais très peu d’entre eux avaient entendu parler de la Prestation canadienne pour personnes handicapées (PCPH) et encore moins l’avaient demandée. Même ceux qui en avaient fait la demande ignoraient la mesure prévue dans le budget 2025, qui accorde à tous les bénéficiaires de la PCPH 150 $ pour couvrir une partie de frais liés à l’obtention du Crédit d’impôt pour personnes handicapées auprès de l’ARC.
2Le Régime canadien de soins dentaires semble être mieux connu
La plupart de mes clients avaient entendu parler de cette assurance dentaire et beaucoup avaient souscrit une couverture. Cependant, peu d’entre eux connaissaient la procédure à suivre pour renouveler leur couverture chaque année.
3Le Bon d’études canadien est pratiquement inconnu
Aucun de mes clients n’avait entendu parler de ce Régime enregistrée d’épargne-études enregistré destinés aux enfants issus de ménages à faible revenu. De même, aucun d’entre eux ne savait que, même s’ils n’avaient jamais ouvert ce compte, leurs enfants âgés de 18 ans pouvaient demander à recevoir 2 000 $ d’Emploi et Développement social Canada, mais qu’ils devaient le faire avant d’atteindre l’âge de 21 ans.
Autres fournisseurs de service
1Certains organismes d’accueil encouragent leurs bénévoles à produire des déclarations pour des clients ayant un revenu de travail autonome
Les critères PCBMI de l’ARC excluent la préparation de déclarations pour les clients ayant un revenu du travail autonome. Mais dans l’économie des petits boulots, les bénévoles voient arriver un nombre croissant de clients ayant des revenus de travail autonome à déclarer. Les bénévoles sont encouragés à produire leurs déclarations. Cela peut poser moins de problèmes lorsque le client ne dispose que d’un faible revenu de travail autonome et ne souhaite pas réclamer les dépenses d’emploi. Cependant, lorsque le client dispose d’un revenu important provenant d’un travail autonome, il peut être plus avantageux pour lui de payer un comptable pour préparer sa déclaration. Les bénévoles n’ont pas la formation requise et ne devraient donc pas essayer de produire les déclarations pour des clients qui souhaitent réclamer des dépenses d’emploi. (Il y a quelques années, j’ai entendu parler d’un projet pilote de l’ARC mené avec certains bénévoles du PCBMI qui préparaient des déclarations de revenus pour les travailleurs autonomes. Mais je n’ai rien entendu au sujet de la formation donnée à ces bénévoles et, par la suite, je n’ai rien entendu au sujet des résultats de ce pilote.)
2Un manque de supervision des bénévoles accroît le risque pour la réputation de certains organismes d’accueil
Je trouve souvent des erreurs commises par des bénévoles lors de la production des déclarations des clients. Ces erreurs peuvent avoir de multiples causes. Mais souvent, elles sont dues au fait que l’organisme d’accueil du bénévole n’a mis en place aucune mesure de contrôle qualité. Or, cela devrait être une priorité absolue, surtout lorsqu’il s’agit de nouveaux bénévoles peu expérimentés. Sinon, l’organisme d’accueil court le risque de nuire à sa propre réputation lorsqu’une erreur est commise et que le client ne reçoit aucune aide pour contacter l’ARC afin de corriger l’erreur.
3Certains organismes d’accueil appliquent des protocoles de sécurité laxistes en matière de partage des informations confidentielles des clients
Un exemple que j’ai souvent observé est l’utilisation du courriel, sans aucune protection par mot de passe, pour transmettre des informations confidentielles des clients. Mais il en existe bien d’autres. Une atteinte majeure à la protection des données au sein d’un organisme d’accueil qui traite avec un grand nombre de clients pourrait compromettre sa participation future au PCBMI.
4Certains clients se plaignent de ne pas recevoir de courrier postal parce qu’ils se sont précédemment inscrits aux notifications par courriel
Dans certains cas, ils ont déjà accédé à leur compte ARC en ligne, mais ont perdu leur mot de passe. Dans d’autres cas, ils n’ont jamais demandé à accéder à leur compte ARC en ligne, mais ne reçoivent néanmoins que des courriels de l’ARC. Cela peut s’expliquer par le fait qu’un bénévole a, sans le savoir, inscrit le client aux notifications par courriel en insérant son adresse courriel dans la déclaration. Les organismes d’accueil ne devraient pas, par usage régulier, demander l’adresse courriel d’un client et la partager avec le bénévole. Les bénévoles devraient obtenir cette information directement du client, mais uniquement lorsque le client a confirmé qu’il a accès à son compte ARC en ligne.
5Les clients accordent une grande confiance aux bénévoles et aux organismes d’accueil; bien que généralement justifiée, elle est parfois mal placée
Les clients demandent aux bénévoles du PCBMI de produire leur déclaration de revenus et de prestations parce qu’ils ne comprennent pas comment la préparer et la produire. Ils sont convaincus que leur bénévole et l’organisme d’accueil savent ce qu’ils font. Les quatre cas cités ci-dessus illustrent des situations où ce n’est pas le cas. Ce n’est pas parce que les clients ont de faibles revenus et bénéficient de ce service gratuitement qu’ils doivent se contenter d’un service qui ne soit pas le meilleur possible.
